Le patrimoine

Le Port de pêche

A L’Aiguillon-sur-Mer tout ramène à l’océan. La Commune possède deux ports dont un de pêche qui a gardé toute son authenticité avec ses estacades en bois et ses pieux.

Au XIXème siècle on compte plus de 250 navires au mouillage dans le port ce qui en fait l’un des plus importants du département. Le commerce se fait surtout avec L’Angleterre d’où l’on importait du charbon. A cet effet un entrepôt de stockage est même construit directement sur le port. Les navires repartent ensuite avec des céréales (fèves, orge, avoine, blé), stockées par des courtiers dans des greniers installés dans le bourg.
En 1925 il est entré dans le port de L’Aiguillon-sur-Mer 135 bâtiments de cabotage pour 2656 tonnes de marchandise. Et on en compte tout autant en sortie.


Toutefois l’envasement progressif du Lay va faire diminuer petit à petit le trafic, les goélettes et les bricks ne pouvant plus remonter la rivière. Ainsi de 1930 jusqu’à la dernière guerre, seul le commerce avec les îles de Ré et Oléron persiste, les liaisons maritimes étant effectuées par des gabares appartenant à des familles aiguillonnaises. Le trafic est complété aussi avec les bateaux à vapeur de la Compagnie rétaise.

Dernier port vendéen avant la Charente-Maritime, il est encore actif avec une flottille d’une vingtaine de navires de pêche pratiquant essentiellement le chalut de fond mais aussi le casier et le filet. On y pêche ainsi la sole, le merlu ou le turbot.
En hiver les bateaux se livrent à la pêche à la coquille St Jacques et aux pétoncles dans les pertuis charentais mais aussi, en rivière, à la pêche à la civelle.


Le petit pont

C’est l’un des emblèmes de la Commune, trait d’union avec sa voisine de La Faute-sur-Mer.

Il voit le jour en 1910 et permet de traverser facilement le Lay et de relier L’Aiguillon-sur-mer à ce qui n’est encore que le hameau de la Faute (dépendant de la Commune de la Tranche-sur-Mer). Beaucoup d’Aiguillonnais possèdent en effet des vignes sur cette flèche sablonneuse et s’y rendent régulièrement. A l’inverse, de nombreux Fautais viennent profiter de l’activité économique de L’Aiguillon-sur-Mer.

Jusqu’en 1910, la traversée doit s’effectuer par le bac.

Bien évidemment une partie du pont est mobile puisque les bateaux ne sont pas rares à cette époque où le commerce bat son plein et beaucoup de navires remontent ainsi le Lay jusqu’au port de Moricq.

Il est doublé en 1963 par un pont routier.

La Digue du Génie

Au milieu du XIXème siècle, les propriétaires de L’Aiguillon-sur-Mer et de Saint-Michel en l’Herm (commune voisine) demandent au préfet une protection contre les érosions de la mer et les dessèchements de l’embouchure du Lay. Les risques d’inondation sont grands et le conseil général, alerté de la situation, dans sa séance du 2 septembre alerte le gouvernement « sur les empiètements continuels de la mer qui tend de jour en jour, à faire disparaitre les dunes de sable qui bordent la côte de L’Aiguillon-sur-Mer. […] Si on ne combat pas immédiatement par des travaux d’art cet envahissement de l’eau, le temps n’est pas éloigné où la mer, ayant enlevé les derniers obstacles qui ne résistent plus que faiblement à sa fureur, viendra reprendre possession de ses anciens domaines et couvrir de nouveau le territoire des communes de Saint-Michel en l’Herm et de L’Aiguillon-sur-Mer ».

En 1852 un ingénieur des ponts et chaussées se rend sur place et reconnait l’urgence des travaux.

Il faudra toutefois attendre le 6 août 1861 pour que le préfet annonce que le projet a été soumis à l’examen de l’administration supérieure et la dépense fixée à 710 000 Francs (dont 550 000 F payés par l’État).

Le 6 mai 1863, Napoléon, empereur des Français, signe le 1er décret précisant que des travaux « pour la défense contre la mer de la pointe de L’Aiguillon » seront exécutés.
Le deuxième décret de Napoléon date du 8 décembre 1869 et vise à compléter « la défense contre la mer de la côte de l’Aiguillon » avec de nouveaux travaux, pour un montant supplémentaire de 650 000 francs. Ainsi est née la digue du Génie sur une longueur de plus de 4 kilomètres.

Elle subira au fil du temps, les assauts répétés des vagues et des tempêtes. Ainsi celle de 1974 provoquera 5 brèches dans le corps de l’ouvrage. 



Le Moulin

Construit en 1838, le Moulin de la Moulinette est le vestige de l’un des 6 moulins qu’a compté la Commune.
Il cesse son activité en 1950.

L’ancienne Gare

Peu avant 1900, le Conseil général de la Vendée lance une étude pour implanter des voies ferroviaires dans le département. Ainsi en 1901, la ligne Luçon/L’Aiguillon est créée.  Une décision justifiée en raison de l’augmentation du trafic de marchandises du port.
La Commune possède alors deux gares : L’Aiguillon-ville et L’Aiguillon-port.

La gare en centre bourg est plutôt destinée aux fermiers qui allaient vendre leurs produits sur le marché de Luçon. De son côté la gare du port amène sur la côte des familles aisées qui ont envie de profiter du bord de mer.

Pour rallier Luçon il faut, à l’époque, s’armer de patience puisque le train met de 1h à 1h30 selon l’importance du convoi. En général le train comporte 3 wagons mais à la belle saison, il y en avait parfois 5 ou 6. Le voyage coûte 1 Franc 75 en 1914.

Le 31 décembre 1949, la ligne est définitivement fermée et la Compagnie des autobus vendéens prendra le relais.

gare-02

Image 1 of 4

L’église Saint Nicolas

En 1833 l’administration diocésaine décide d’installer à demeure un prêtre à L’Aiguillon-sur-Mer, desservie depuis 30 ans par Saint-Michel-en L’Herm. En arrivant le nouveau curé trouve la vieille chapelle (construite en 1737) dans un grand état de délabrement. Placée en dehors du bourg, trop petite et menaçant de s’écrouler, il devient urgent de la remplacer. En 1837, la paroisse achète un terrain vers le centre bourg appartenant à la famille Reverseau-Renaud et le 12 septembre 1838, le Préfet de Vendée approuve un devis estimatif de construction de 20 862 Francs.
Le 30 mai 1839, la première pierre de l’église est posée (on peut la voir gravée, à gauche, près de l’autel).

En février 1840 l’église est presque achevée puisqu’il reste seulement à poser les pavés de la nef et à meubler l’édifice.
Le 28 août 1842, une cloche de 291 kg est installée dans la nouvelle tour, elle s’appelle Louise-Rose. Son parrain est le fils du Maire Louis Porton et sa marraine une « bourgeoise de Bali-Air », Mme Gaudineau.

De style basilical, l’église de distingue des constructions de l’époque. La nef est éclairée par des demi-rosaces situées au-dessus des bas-côtés. Les vitraux sont réalisés en 1949 par le Vendéen Degas. Le plafond en bois peint est remplacé par un plafond à caissons.
L’église abrite l’ex-voto du voilier « La Victoire ».

Les Venelles

Elles sont aux nombres de douze et c’est vraiment une curiosité de notre commune. Ces petites rues permettent de se balader nez au vent en rêvant à tout ce qui a pu arriver dans ces passages étroits qui invitent aux rendez-vous secrets !

Depuis 2016 elles ont toutes un nom. Il s’agit d’une initiative du conseil municipal des enfants qui a souhaité cette année-là, baptiser toutes les venelles d’un nom en rapport avec le thème de la mer.

Le nom des venelles :

  • Venelle du plan d’eau ;
  • Venelle de noroît ;
  • Venelle des bois flottés ;
  • Venelle des loups de mer ;
  • Venelle des pieds marins ;
  • Venelle des bigorneaux ;
  • Venelle de la baie ;
  • Venelle Tribord ;
  • Venelle Babord ;
  • Venelle du Lay ;
  • Venelle des Pibaloux ;
  • Venelle des boucholeurs.

Amusez-vous à les découvrir et à les retrouver !

Ces venelles ont même inspiré un poème (ou chanson) dont on retrouve le texte dans l’ouvrage « Si L’Aiguillon m’était conté » de Pierre Roy.

« Si à L’Aiguillon, il y a des venelles
C’est que les anciens en avaient besoin
Pourquoi faire, ils ne le disaient point
S’ils s’y trouvaient à l’aise
Ils n’étaient pas contredits des Aiguillonnaises

Si à L’Aiguillon, il y a des venelles
C’est que les marins en avaient besoin
Le soir quand ils n’étaient pas à jeun
Ils s’y trouvaient en sécurité
Malgré des nouveaux problèmes en arrivant au foyer

Si à L’Aiguillon, il y a des venelles
C’est pour se protéger des vents de Noroît
Ce sont les chemins où l’on s’abrite du froid
Que nos grands-mères toujours pressées
Empruntaient les jours de marché

Si à L’Aiguillon, il y a des venelles
C’est pour se rapprocher
C’est pour conserver ces liens d’amitié
Qui étaient autrefois si bien ancrés
Et que l’on a trop tendance à oublier. »

Go to top of page