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Maurice MILCENT : "Notre pont, notre passerelle, notre histoire, notre avenir"



Dans les dernières éditions du journal Ouest France, les lecteurs locaux ont pu lire les avis de Messieurs Patrick JOUIN (Maire de La Faute-sur-Mer) et Marcel GAUDUCHEAU (Conseiller départemental) concernant le pont reliant les communes de L’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer. A mon tour, je vous propose quelques éclaircissements concernant ce dossier pour rétablir certaines vérités.


La genèse

En 2016, les élus de L’Aiguillon-sur-Mer reçoivent une pétition des riverains de la route de Grues excédés par le passage récurrent de poids-lourds dû aux travaux d’aménagement du Golf de la Presqu’Ile situé à La Faute-sur-Mer. En décembre 2016, après quelques échanges entre les services municipaux et départementaux, une rencontre réunit l’ensemble des acteurs concernés des deux communes et Monsieur Marcel GAUDUCHEAU, Conseiller départemental. A cette époque, la Commune de L’Aiguillon-sur-Mer avait envisagé une restriction du tonnage des poids-lourds uniquement sur la route de Grues en prévision des travaux des digues à La Faute-sur-Mer. L’objectif était de préserver la tranquillité de nos administrés.
C’est le Département qui a proposé une restriction du tonnage du pont (7,5 tonnes sauf transport en commun), mettant également en avant la nécessité d’augmenter la durée de vie de l’ouvrage. Les services départementaux ont ainsi signifié à la Commune de L’Aiguillon-sur-Mer que cette décision permettrait de répondre à la demande initiale de la Commune. Il est donc important de rappeler à Monsieur Marcel GAUDUCHEAU que l’idée de restreindre le tonnage du pont est bien une proposition de ses services, et non pas une demande de ma part.  Le Département a alors proposé de réaliser une étude permettant d’évaluer les flux avant de prendre une décision.
En parallèle de cette problématique, les services départementaux ont évoqué lors de cette même réunion, le devenir de la passerelle piétonne ou «  petit pont ». Le Département a affirmé qu’il était envisagé de la détruire car son état ne permettait pas de la réparer.  Notre petit pont n’avait, selon le Département, qu’un usage limité à la population locale en liaison douce (piétons et vélos). La dimension historique et sociale d’un tel ouvrage était de ce fait totalement effacée. Pourtant, le social ne serait-il pas une compétence du Département ?

La décision départementale

En juin 2017, une nouvelle réunion rassemble les deux communes et le Département. Les services départementaux restituent l’étude des flux routiers du pont (vacances scolaires comprises). L’analyse fait apparaitre un flux journalier de 2 % de poids-lourds. L’étude structurelle du pont ne fait pas apparaitre de désordres. L’état est donc bon. Toutefois, le Département conclut qu’il est nécessaire de restreindre le tonnage pour prolonger la durée de vie de l’ouvrage. La Commune de L’Aiguillon-sur-Mer accepte cette proposition qui répond à la problématique initiale de la Commune. La Commune de La Faute-sur-Mer souhaitait une entrée en vigueur dans deux ans pour permettre des circuits plus courts des poids-lourds lors des travaux de renforcement des digues. Elle émet donc un avis défavorable. Le 4 août 2017, le Département publie l’arrêté de circulation avec la limitation de tonnage. Dans cet arrêté, le Département précise que le flux des poids-lourds (5 par jour) est faible et local.

Une décision remise en cause

Quelques semaines après l’implantation de la signalétique, quelques professionnels locaux de la pêche et du bâtiment se sont sentis pénalisés par cette décision. Ils ont fait remonter leur inquiétude auprès des élus aiguillonnais et fautais. En aparté d’un Conseil portuaire le 10 avril 2018, les deux Maires et Monsieur Marcel GAUDUCHEAU évoquent cette inquiétude. Le Maire de La Faute-sur-Mer propose que le Département lève cette restriction. En contrepartie, la Commune de La Faute-sur-Mer s’engage à ce que les véhicules nécessaire aux travaux structurants ne passent plus sur la Commune de L’Aiguillon-sur-Mer. Monsieur Marcel GAUDUCHEAU accepte cette proposition si la Commune de L’Aiguillon-sur-Mer en valide le principe. Par courrier en date du 7 mai 2018, je donne mon accord pour annuler l’arrêté départemental. Ce courrier est transmis pour copie à notre Conseiller départemental. Cette proposition reste sans réponse…

Une stratégie longuement pensée se dévoile

Fin juin, le Département propose une nouvelle rencontre le 10 juillet 2018. Monsieur Alain LEBOEUF, Vice-Président en charge des infrastructures, préside la réunion. Lors de cette séance, le Département n’a pas répondu à la demande conjointe des 2 communes de lever la restriction du tonnage du pont. L’engagement de Monsieur Marcel GAUDUCHEAU n’est toujours pas respecté malgré une convergence de décisions des deux communes. 
Par courrier en date du 13 juillet 2018, Monsieur Alain LEBOEUF propose de déclasser la RD 2046, qui comprend aussi le pont et la passerelle piétonne. Cela signifie que ces ouvrages seraient propriétés des deux communes qui devraient en assurer l’entretien. Pour assurer la déconstruction de la passerelle piétonne (petit pont), le Département propose même aux deux communes 200 000 € ainsi que 100 000 € pour reprofiler le pont en insérant une piste cyclable (avec une réduction de la chaussée de 7 m à 4,80 m). Si les deux communes acceptent l’ensemble de ces propositions, alors le Département serait prêt à modifier l’arrêté dont le  tonnage serait porté à 19 tonnes avec un sens prioritaire (pas de croisement des poids-lourds).

Un positionnement

Cette négociation, m’amène à quelques réflexions. Pourquoi les deux communes accepteraient un transfert des ouvrages et en assumer cette charge financière ? Pourquoi le Département n’a pas proposé une restriction à 19 tonnes dès le début. Cinq camions ont peu de chance de se croiser sur une seule journée. Cela aurait évité de nombreux échanges.
Il semblerait que le Département ait fait le choix il y a deux ans de transférer ces ouvrages à nos communes. La restriction du tonnage n’a été qu’une opportunité, un moyen pour faire pression sur les 2 collectivités. Depuis le début de nos échanges en 2016, le Département a toujours eu comme objectif de rayer de la carte la passerelle piétonnière dont le coût de réhabilitation serait supérieur à 2 000 000 €. Je n’accepterai pas l’accord actuel proposé par le Département. La passerelle piétonnière fait partie de l’A.D.N. des aiguillonnais et des fautais. Il n’est pas envisageable d’effacer des décennies d’histoire, notre culture, ni le patrimoine départemental auxquels tant de vendéens sont attachés. Le Président de VILLIERS avait déjà mis en œuvre une première réhabilitation. Notre petit pont, c’est le passé, le présent mais surtout l’avenir… Je n’accepterai pas cette déconstruction. Vous pouvez être convaincus que les élus aiguillonnais, portés par les habitants et tous les sympathisants, seront vigilants et mobilisés si le Département souhaitait remettre en question notre identité.
 
 
Par contre, l’aménagement d’une voie cyclable sur le pont est une idée pertinente (laissant la passerelle aux piétons exclusivement). Cet équipement permettrait de mieux canaliser la gestion des cyclistes ( en pleine expansion), suite aux installations cyclables réalisées, financées et entretenues par les Communes, la Communauté de communes et le Département. Notre territoire doit être tourné vers un tourisme maîtrisé.
Il est donc temps que ce sujet soit mis sur la table une bonne fois pour toute, de manière transparente. Je vais donc solliciter une rencontre auprès du Président du Conseil Départemental, en présence de nos conseillers départementaux de circonscription et mon homologue fautais.
Ce pont ne doit pas être celui de la discorde, mais celui de la cohésion et la pertinence de la puissance publique au service de nos administrés.







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